Nouveau mode de calcul pour la réduction générale dégressive unifiée (RGDU) 2026
À partir du 1er janvier 2026, la traditionnelle réduction générale des cotisations patronales – aussi connue sous le nom de réduction Fillon – évolue en profondeur. Cette réforme, issue de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025, a pour objectif de simplifier le dispositif et d’élargir son champ d’application.
Dans cet article, nous faisons le point sur les nouvelles règles applicables en 2026 et leurs impacts pour les entreprises.
Qu’est-ce que la réduction générale des cotisations patronales?
La réduction générale des cotisations patronales est un allègement de charges sociales destiné aux employeurs du secteur privé. Elle vise à réduire le coût du travail sur les bas et moyens salaires en diminuant certaines cotisations dues par l’employeur (assurances sociales, allocations familiales, FNAL, etc.).
Jusqu’en 2025, ce dispositif concernait uniquement les rémunérations inférieures à 1,6 fois le SMIC et cohabitait avec d’autres réductions spécifiques, notamment sur les taux “maladie” et “allocations familiales”.
La réforme de 2026 : naissance de la RGDU
À compter du 1er janvier 2026, la Réduction Générale Dégressive Unifiée (RGDU) remplace l’ensemble des dispositifs actuels.
Les principaux changements :
Un seul dispositif : fin des réductions spécifiques sur les cotisations maladie et allocations familiales.
Un plafond plus élevé : la réduction s’applique désormais aux salaires inférieurs à 3 fois le SMIC (contre 1,6 SMIC auparavant).
Une dégressivité progressive : la réduction est maximale pour un salarié au SMIC et diminue jusqu’à s’annuler au seuil de 3 SMIC.
Un taux minimum garanti : même pour les rémunérations proches du plafond, un allègement plancher de 2 % subsiste.
La nouvelle formule de calcul
Le calcul du coefficient de réduction obéit désormais à une formule unifiée :
C=Tmin+(Tδ×[21×(3×Smic annuel brut/rémunération annuelle brute−1)]p)
Avec :
P = 1,75 (paramètre de dégressivité),
Tmin = 0,0200 (réduction minimale de 2 %),
Tδ = 0,3773 si FNAL 0,10 % ou 0,3813 si FNAL 0,50 %.
En pratique, le taux maximum de réduction atteint environ 40 % des cotisations patronales pour un salarié payé au SMIC.
Quels impacts pour les employeurs en 2026 ?
Plus d’entreprises concernées : les employeurs de salariés rémunérés jusqu’à 3 SMIC bénéficieront désormais d’un allègement.
Simplification administrative : un seul dispositif à gérer, avec une formule de calcul unique.
Coût du travail mieux lissé : la dégressivité évite les effets de seuil trop brutaux.
Suppression de niches spécifiques : la disparition des anciennes réductions maladie et allocations familiales peut entraîner une hausse de charges pour certains profils de salariés, en particulier ceux rémunérés entre 2 et 3 SMIC qui bénéficiaient déjà d’allègements.
Comment préparer son entreprise à la réforme ?
Anticiper dans la paie : les logiciels de paie devront intégrer la nouvelle formule dès janvier 2026.
Simuler les impacts : comparer la situation d’un salarié en 2025 et en 2026 permet d’identifier les éventuels écarts de charges.
Communiquer avec la direction : pour les entreprises multi-sites ou ayant une forte proportion de salariés entre 1,6 et 3 SMIC, la réforme peut modifier sensiblement la masse salariale.
La réforme de la réduction générale des cotisations patronales 2026 marque une étape importante dans la simplification du financement de la Sécurité sociale. Avec la mise en place de la Réduction Générale Dégressive Unifiée (RGDU), le champ d’application s’élargit et le calcul se standardise.
Pour les employeurs, il est crucial d’anticiper ces évolutions afin d’ajuster leurs prévisions budgétaires et leur stratégie RH.


